En bref : pour viser juste au pistolet 25 m, aligne le guidon dans le cran de mire (sommet du guidon à hauteur du cran, lumières égales à gauche et à droite), fais la mise au point sur le guidon et non sur la cible, puis choisis une logique de visée et tiens-t’y : point visé point touché ou marge de blanc. Si ton groupement est serré mais décalé, ce n’est pas ta visée qui est en cause : c’est le réglage de ta hausse.
Sommaire
- Comment aligner le guidon et le cran de mire
- Où regarder : le guidon net, la cible floue
- Point visé point touché ou marge de blanc ?
- Quelle position de tir au pistolet 25 m ?
- Comment régler la hausse de ton pistolet
- Erreurs angulaires et erreurs parallèles
- Accepter ta zone de bougé
- Exercices pour progresser
- Questions fréquentes
Comment aligner le guidon et le cran de mire
Ton pistolet a deux organes de visée : le guidon, la petite lame dressée à l’avant du canon, et le cran de mire (ou hausse), l’encoche à l’arrière, côté œil. La ligne qui relie le cran de mire au guidon, c’est la ligne de mire : la ligne de l’arme. Celle qui part de ton œil, passe par le guidon et file jusqu’à la cible, c’est la ligne de visée : la ligne de ton œil. Viser, c’est faire coïncider les deux.
Pour ça, deux conditions en même temps :
- le sommet du guidon affleure le sommet du cran de mire : ni en dessous, ni au-dessus, pile à hauteur ;
- le guidon est centré dans l’encoche, avec le même espace de chaque côté. Ces espaces s’appellent les lumières (on parle aussi de fenêtres).
C’est de la géométrie pure : guidon décalé d’un poil à gauche dans le cran, impact à gauche ; guidon un peu bas, impact bas. Aucun talent ne rattrape un mauvais alignement.
Noirs, à points blancs, à liseré comme sur certains Glock, en fibre optique : quels que soient tes organes de visée, le principe reste le même.




Où regarder : le guidon net, la cible floue
C’est le point qui surprend presque tout le monde : quand tu vises, tu ne regardes pas la cible. Si tu la fixes, ton guidon devient flou, et un guidon flou, c’est un alignement que tu ne contrôles plus.
La règle : tu fais la mise au point sur le guidon. Lui est net, bien découpé ; le cran de mire est un peu flou, la cible aussi. C’est exactement ce qu’on cherche : c’est même la preuve que ton œil est au bon endroit. Au début, ton œil voudra sans cesse retourner sur la cible. Ramène-le sur le guidon, encore et encore : avec la pratique, ça devient automatique.

Et quel œil ? Les deux yeux ouverts fonctionnent très bien si l’image est propre et que tu vises bien avec ton œil directeur. Fermer l’autre œil simplifie les choses au début. Un cache-œil fixé sur tes lunettes est encore plus confortable sur une longue séance.
Point visé point touché ou marge de blanc ?
Tu sais aligner et où poser ton regard. Reste à savoir où placer cet alignement sur la cible. Il existe deux logiques.
Le point visé point touché (PVPT) : tu poses le guidon pile sur la zone que tu veux toucher. C’est intuitif, et beaucoup d’armes de loisir sont réglées ainsi. Sa limite sur une cible C50 : ton guidon noir se fond dans le visuel noir, et tu perds ton repère au moment où tu en as le plus besoin. Sur des gongs, en revanche, c’est pratiquement la seule logique possible.
La marge de blanc : tu places le guidon juste sous le visuel noir, en laissant un petit filet de blanc entre les deux. L’arme est réglée pour que l’impact arrive au centre. Ton guidon reste posé sur du blanc, donc toujours lisible, et ce filet blanc se retrouve identique d’un tir à l’autre : c’est une référence très reproductible. C’est la logique traditionnelle du tir de précision, et personnellement, mes armes les plus précises sont réglées en marge de blanc.

Comment choisir ? Les deux marchent, à une condition : ton arme doit être réglée pour la logique que tu utilises. Pars de celle pour laquelle ton arme est réglée. Si ton guidon se noie dans le noir, passe à la marge de blanc et règle ta hausse en conséquence. Surtout, ne change pas de logique d’un tir à l’autre : tes impacts ne te diraient plus rien. Pour aller plus loin, voir aussi la visée au pistolet 10 m.
Quelle position de tir au pistolet 25 m ?
Une bonne visée sur une base instable ne tient pas longtemps. La position ne te rend pas précis à elle seule, mais elle réduit ta zone de bougé et te laisse de la marge pour lâcher proprement. À deux mains, je te conseille le Weaver modifié (aussi appelé Chapman) :
- corps légèrement de biais, ni face à la cible ni de profil ;
- pied faible légèrement en avant, pointé vers la cible, genoux souples ;
- bras fort tendu sans être bloqué, bras faible légèrement fléchi, coude vers le bas ;
- un push/pull dosé : le bras fort pousse légèrement, le bras faible tire légèrement, comme si tu tenais un objet que tu ne veux pas laisser tomber, sans crispation.
Pour trouver ton orientation, tends les bras vers la cible, ferme les yeux quelques secondes, puis ouvre-les : si tu n’es plus dans l’axe, corrige tes pieds, pas tes bras. La position isocèle, face à la cible avec les deux bras tendus, fonctionne aussi, mais le Weaver modifié encaisse mieux le recul d’un 9 mm sur une séance entière. Tu débutes ? Commence par bien débuter au 25 m et choisir ton pistolet.
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Comment régler la hausse de ton pistolet
Règle numéro un : on ne règle que si on a un groupement cohérent. Si tes impacts sont dispersés partout, le problème est technique (lâcher, visée, tenue) et le réglage ne sert à rien : tu ne ferais que déplacer un nuage de points. Repère simple pour débuter : ton groupement de cinq coups doit tenir globalement dans le noir de la C50.
Si ton groupement est serré mais décalé, c’est une information fiable, pas une faute. Deux cas :
Ta hausse est réglable. Raisonne toujours en impacts : tes balles tapent trop bas, tu veux les faire monter ; trop à gauche, tu veux les envoyer à droite. Sur beaucoup de hausses, on retrouve la logique VDVD : Visser, c’est Descendre ; Visser, c’est Droite. Donc :
- pistolet qui tire trop haut : tu visses la vis de hauteur ;
- trop bas : tu dévisses ;
- trop à gauche : tu visses la vis de dérive pour partir à droite ;
- trop à droite : tu dévisses.
VDVD est une règle fréquente, pas universelle : vérifie toujours le sens sur le manuel de ton arme ou de ta hausse, sinon tu doubles ton décalage au lieu de le corriger. Travaille un axe à la fois, valide avec un nouveau groupement de cinq coups, et note ton réglage de départ avant de toucher aux vis. Toute manipulation se fait arme vide, chargeur retiré, chambre vérifiée, drapeau de sécurité en place.
Tes organes de visée sont fixes (c’est la règle en TAR). Tu peux utiliser la contre-visée : tu décales ton point de visée à l’opposé du décalage. Groupement haut ? Vise un peu plus bas. Groupement à gauche ? Vise un peu plus à droite, à l’intérieur du visuel. Évite de contre-viser vers le haut : ton guidon se retrouverait dans le blanc, sans repère latéral. Si le décalage est trop important, un armurier peut remplacer le guidon ou le cran de mire.
Et le réglage ne change pas ta façon de viser : tu gardes ta logique (PVPT ou marge de blanc), c’est le groupement qui vient à ta visée. Pense aussi qu’un changement de munitions peut déplacer ton point d’impact : retire un groupement avant de toucher à la hausse.
Erreurs angulaires et erreurs parallèles
L’erreur angulaire : le guidon mal placé dans le cran
L’erreur angulaire, c’est un défaut d’alignement : le guidon n’est pas centré dans le cran de mire, ou pas à hauteur. La ligne de l’arme ne pointe plus là où tu regardes, et l’écart grandit avec la distance. Sur un pistolet dont le guidon et le cran sont distants d’environ 16 cm, un décalage de 1 mm seulement dans le cran envoie l’impact à plus de 15 cm du point visé à 25 m.




Elle vient le plus souvent d’un poignet qui n’est pas verrouillé ou d’un coup de doigt au départ. Correction : guidon net, lumières égales, et un lâcher qui ne dérange pas l’alignement.
L’erreur parallèle : un bon alignement, mais mal placé
L’erreur parallèle, c’est un alignement correct, mais posé un peu à côté de ta zone de visée. Toute l’arme s’est déplacée sans pivoter : l’écart sur la cible est du même ordre que le déplacement de l’arme, quelques millimètres ou centimètres, et il ne grandit pas avec la distance.




Elle vient surtout du bougé naturel de l’épaule : un mouvement lent et prévisible.
Faire une erreur : oui, mais la bonne
Tu ne supprimeras jamais complètement le mouvement de ton arme. Alors choisis ton erreur : mieux vaut une erreur parallèle qu’une erreur angulaire. Un alignement parfait légèrement décalé dans ta zone de visée donnera un impact proche du centre ; un alignement faux, même pile sur le centre, enverra le coup bien plus loin. Autrement dit : priorité à l’alignement, puis au placement.
Et un conseil de lecture : un seul impact isolé ne prouve rien. Regarde toujours une série, et annonce ton coup (dis où tu as vu partir le guidon avant de regarder la cible) pour comparer ce que tu as vu avec ce que dit la cible.
Accepter ta zone de bougé
Quel que soit ton niveau, ton guidon bouge en permanence dans une petite zone : c’est ta zone de bougé. Ton cœur bat, tes muscles travaillent, une arme à bout de bras n’est jamais totalement immobile. Ce n’est pas un défaut, c’est normal. Son diamètre diminue avec l’entraînement, mais elle ne disparaît jamais, même chez les champions.
Ton objectif n’est donc pas l’image parfaite et immobile, mais une image utile : un alignement correct qui se promène dans ta zone, pendant que ton doigt presse la détente sans chercher à « attraper » le centre. Vouloir partir pile au centre, c’est le meilleur moyen de donner un coup de doigt.
Et la largeur des lumières ? Des lumières larges rendent l’alignement plus facile à lire et le bougé moins impressionnant ; des lumières étroites permettent un centrage plus fin mais amplifient la perception du mouvement et peuvent attirer ton œil sur les espaces plutôt que sur le guidon. Pour débuter, des lumières d’environ un demi-guidon de chaque côté sont un bon compromis. Sur la plupart des armes du 25 m, cette largeur n’est pas modifiable : c’est un critère à garder en tête si tu changes d’organes de visée.
Exercices pour progresser
Avant tout travail à sec : chargeur retiré, chambre vérifiée, canon dans une direction sûre. Voir le tir à sec au pistolet pour les règles complètes.
- À sec, sur carton blanc. Pas de cible : tu travailles uniquement ton image. Guidon net, centré, lumières égales, et tu maintiens. Rien n’attire ton œil ailleurs que sur le guidon.
- À sec, sur un cercle. Trace un cercle et applique ta logique : guidon sur le centre en PVPT, ou juste dessous avec un filet de blanc en marge de blanc.
- La zone de bougé dessinée. Sur le dos d’une cible, trace un rond à la taille de ta zone de bougé habituelle. Si ton guidon en sort souvent, agrandis-le ; s’il y reste facilement, réduis-le progressivement.
- Tir réel sans regarder le résultat. Tire sur une cible déjà très percée, ou garde le regard sur ton guidon jusqu’après le départ du coup : tu travailles la visée, pas le score.
- Le défi. Cinq coups sur C50, avec un seul critère : chaque coup part avec une image correcte. Puis lis ton groupement : serré, même décalé, c’est gagné, ta visée est constante.
Questions fréquentes
Comment bien viser avec un pistolet ?
Aligne le guidon dans le cran de mire (sommet à hauteur, lumières égales), fais la mise au point sur le guidon et non sur la cible, et place cet alignement sur la cible selon une logique fixe : point visé point touché ou marge de blanc. Puis presse la détente sans déranger cet alignement.
Quels éléments faut-il aligner pour réaliser une visée correcte ?
Trois éléments : ton œil, le cran de mire et le guidon. Le guidon doit être centré dans le cran de mire, avec son sommet à la hauteur du sommet du cran. Cet ensemble est ensuite placé sur la cible.
Mon pistolet tire trop haut, que faire ?
Vérifie d’abord que ton groupement est serré : si tes impacts sont dispersés, c’est un problème technique. S’il est serré mais haut, et que ta hausse est réglable, il faut faire descendre les impacts ; avec la logique VDVD, tu visses la vis de hauteur. Si tes organes sont fixes, vise un peu plus bas (contre-visée).
Pour tirer plus à droite, dans quelle direction déplacer la hausse ?
Vers la droite : on déplace la hausse dans le sens où l’on veut envoyer les impacts. Avec la logique VDVD, cela revient souvent à visser la vis de dérive, mais vérifie toujours le sens sur le manuel de ta hausse.
Faut-il viser en marge de blanc ou en point visé point touché ?
Les deux fonctionnent si ton arme est réglée pour ta logique. Sur une cible C50, la marge de blanc est souvent plus lisible, car ton guidon reste sur du blanc. Sur des gongs, le point visé point touché s’impose. L’essentiel est de ne pas changer de logique d’un tir à l’autre.
Comment savoir si mon erreur est angulaire ou parallèle ?
Une erreur angulaire vient d’un défaut d’alignement guidon-cran et envoie l’impact loin, d’autant plus loin que la cible est éloignée. Une erreur parallèle vient d’un bon alignement mal placé et ne décale l’impact que de la valeur du mouvement de l’arme. En annonçant ton coup, tu sauras si ton alignement était correct au départ.
Mes tirs sont groupés mais décalés, est-ce grave ?
Non, c’est plutôt bon signe : ton geste est régulier. Un groupement serré mais décalé se corrige par le réglage de la hausse, ou par la contre-visée si tes organes sont fixes.
Fibre optique ou organes de visée noirs ?
Des organes noirs donnent l’image la plus fine pour le tir de précision. La fibre optique est plus visible, notamment en faible lumière, et appréciée pour le tir rapide. Le principe d’alignement reste le même.
Aller plus loin
La visée ne fait pas tout : c’est un mauvais lâcher qui fait un mauvais tir, mais c’est une bonne visée qui fait un très bon tir. Pour travailler les deux ensemble, lis aussi la coordination en tir sportif. Et si tu veux un regard extérieur sur ta visée, je propose des cours en présentiel près de Compiègne, dans l’Oise, et jusqu’à Lille, Reims ou Rouen.
Article mis à jour le 29 septembre 2026.
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Bonjour,
Votre article me permet de me remettre en tête les fondamentaux que j’avais un peu perdus, alors merci beaucoup.
Pourriez-vous me répondre à cette question ?
A l’entraînement a-t’on le droit de mettre une cible blanche sur laquelle il y aurait de dessiner des formes, géométriques ou non, et de couleurs différentes ?
Merci pour votre réponse;
Sportivement et cordialement.
Gia
Bonjour Gia, merci à vous.
Oui, cela est tout à fait possible, je fais souvent dessiner des cercles pour les zones de bougées. Je n’ai pas encore rencontré de club qui les interdisait.
Michael